Fourchette bleue veut plus de produits marins québécois dans nos assiettes

Publié le mercredi 11 janvier 2017 à 18 h 06

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Même si nombre de Québécois vivent en bordure de l’eau, les consommateurs d’ici mangent surtout des produits marins en provenance de l’étranger. Le programme Fourchette bleue souhaite y remédier.

Un texte de Joane Bérubé

Coordonnatrice du programme Fourchette bleue, Laurie Dumas estime que c’est en partie par habitude, mais aussi parce que les produits étrangers sont souvent en plus grand nombre sur les tablettes des supermarchés que les Québécois mangent plus de poissons importés. Le coût des produits marins d’ici est aussi un frein, avoue Mme Dumas.

Pour accroître la portion de poissons, crustacés et algues pêchés et cultivés au Québec, l’organisme entreprend cet hiver une tournée pour sensibiliser tous les acteurs de la filière marine alimentaire à cet enjeu. Fourchette bleue veut discuter de diversification de la pêche et de promotion des produits avec des pêcheurs, mariculteurs, industriels-transformateurs, distributeurs, poissonniers et restaurateurs.

La tournée permettra aussi de présenter le programme Fourchette bleue aux pêcheurs, le rôle de Fourchette bleue et la liste des espèces valorisées.

La coordonnatrice entend aussi mettre de l’avant l’intérêt des restaurateurs et des poissonniers pour des espèces méconnues, émergentes ou moins présentes sur les étals, mais qui font partie des prises accidentelles des pêcheurs. « S’ils ont la possibilité de les ramener, nous, on veut leur démontrer qu’il y a une demande pour ces produits », explique Laurie Dumas.

Beaucoup de produits, comme les couteaux de mer, sont exportés ailleurs tandis qu’on importe souvent des produits de moins bonne qualité, souligne Mme Dumas. Cette dernière réfère notamment au tilapia, souvent élevé de manière intensive avec des hormones de croissance.

Mme Dumas entend donc sensibiliser les transformateurs et les fournisseurs à la demande locale. « On est souvent avec les restaurateurs, les chefs qui nous demandent de travailler par exemple avec le calmar du Saint-Laurent ou avec la baudroie, qui est un poisson très prisé avec un goût s’apparentant au homard, mais c’est très difficile d’en trouver », relate la porte-parole de Fourchette bleue.

Laurie Dumas croit qu’en incitant ainsi les pêcheurs, les fournisseurs et les transformateurs à diversifier leurs prises et leurs transformations apparaîtront sur les tablettes de nouvelles espèces.

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Il reste, admet Mme Dumas, un important travail à faire sur le plan de la commercialisation afin de faire découvrir toutes ces différentes espèces aux consommateurs. Pour ce faire, Fourchette bleue voudrait mettre en place différents projets comme la diffusion de fiches recettes ou la vente de paniers de produits marins, comme le font déjà les maraîchers pour favoriser la production locale ou biologique.

Fourchette bleue axe aussi ses actions sur le développement d’une pêche durable. La liste des produits marins de Fourchette bleue répond à certains critères, dont l’état des stocks et le type de pêche. Le programme vise aussi à contrer la surexploitation de certaines espèces, comme le sébaste ou la morue.

 

 

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